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Publié par Erich ALAUZEN

Makthar, un site archéologique tunisien dont une épitaphe se trouve au Musée du Louvre à Paris

Le site archéologique de Mactaris jouxte la ville de Makthar qui en est, en quelque sorte, une excroissance tardive, d’époque coloniale, comme en témoignent quelques bâtisses (à l'exemple du siège de la délégation) ou demeures aux toits inclinés recouverts de tuiles rouges.

Il se situe entre le centre-ouest et le nord-ouest de la Tunisie, à 150 kilomètres de Carthage.

Mactaris est la transposition latine du toponyme initial : Mktrm, qui témoigne des origines lybiques de la cité, comme en atteste d’ailleurs le grand nombre de monuments funéraires remontant à cette civilisation et qui sont insérés dans le site. C’est à peu près tout ce qui subsiste de cette époque Ier comme legs "monumental".

Il est à noter que le site archéologique, l’un des plus étendus du pays, n’a pas encore fait l’objet de recherches archéologiques poussées, et ressemble en cela au site de Bulla Regia.

La fondation de la ville elle-même semble remonter au premier siècle avant J-C., avec l’installation de colons puniques ou numides punicisés qui répandirent dans la région la religion, la culture et les arts de Carthage, et cela de manière durable. Cette ville a subsisté même après l’arrivée des Romains, au tout début du Ier siècle. C’est, cependant, à l’époque romaine que se rattache l’essentiel d’un patrimoine archéologique considéré comme l’un des plus riches et des plus beaux de Tunisie. La ville connut son apogée aux IIe et IIIe siècles. Son déclin intervint dès le IVe siècle et se précipita avec les invasions vandale et byzantine.

Promue colonie sous le nom de Colonia Aelia Aurelia Mactaris entre 176 et 180, la cité tire profit dès la fin du premier siècle de la paix romaine et connaît une certaine prospérité. C'est à la fin du deuxième siècle, sous le règne de l'empereur Marc Aurèle qu'elle connaît son apogée, qui se traduit par les nombreux monuments construits alors que la ville s'étend sur une superficie supérieure à dix hectares.

Au IIIème siècle, elle devient le siège d'un évêché chrétien et subit le schisme donatiste au cinquième siècle ; la cité possède à cette époque deux cathédrales. C'est des années 260-270 que semble dater l'épitaphe dite « du moissonneur de Mactar, conservée au Musée du Louvre, qui relate la carrière d'un ouvrier agricole obtenant après 23 ans de labeur le cens minimal lui permettant d'accéder au Sénat de sa cité. La ville est intégrée à la province de Byzacène lors de la réorganisation de l'empire par Dioclétien.

Le déclin de la ville commence avec les invasions vandales à partir de 439. Sous le règne de Justinien, des fortins sont aménagés dans les édifices existants dont ceux des « Grands thermes »8. Le déclin est définitif au onzième siècle, avec le passage des tribus des Hilaliens.

Une porte monumentale, qui campe aujourd’hui à l’entrée de la ville moderne, accueille le visiteur. De l’autre côté de la route, le site à proprement parler est ceint par une clôture. Derrière, tous les monuments qui composent une ville romaine, pour la plupart dans un bel état de conservation : amphithéâtre, thermes (quatre, en tout), forum couronné par un imposant arc de triomphe dédié à Trajan, temples, basiliques, cryptes, mausolées et même… perception d’impôts romaine !

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