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Publié par Erich ALAUZEN

Kerkouane, un site archéologique punique unique

A quelques jours près, il y a trente-quatre ans, l’UNESCO inscrivait au patrimoine mondial le site antique de Kerkouane, situé sur la côte orientale du Cap-Bon en Tunisie, entre El Haouaria et Kelibia.

Sage décision lorsqu’on sait que Kerkouane abrite une cité et une nécropole puniques qui constituent des exemples uniques d’architecture punique du fait qu’aucune modification n’a été opérée sur le site par les civilisations qui ont suivi.

En d’autres termes, les cités puniques étaient toujours reconstruites par les Romains, mais ce ne fut pas le cas pour Kerkouane. La ville apporte par ce fait un témoignage exceptionnel sur l’urbanisme phénico-punique, très sophistiqué.

Les chercheurs, notamment le célèbre archéologue tunisien, Mohamed Hassine Fantar, pensent que les Libyens occupaient la place avant la civilisation punique. Elle se serait nommée Tamazrat. Kerkouane fut fondée au VIème siècle avant J.-C, et brilla durant près de quatre siècles tout comme ses grandes sœurs Carthage, Hadrumète ou Utique. Elle fut détruite en 256 avant J.-C par un Romain, consul de son état, Atilus Regulus.

Pendant plus de deux millénaires, la cité de Kerkouane s’endormit et fut réveillée, par un pur hasard, par Pierre Cintas et Charles Saumagne en 1952. Les fouilles commencèrent en 1953.

Ce fut une ville fortifiée, à double muraille, peuplée par 2000 habitants constitués d’artisans, de pêcheurs et de commerçants. Son plan d’urbanisme est très élaboré. Au milieu de la ville se dressent deux sanctuaires puniques. On a démontré quatre cimetières dans cette ville s’étendant sur huit hectares. Ses rues sont droites, larges de quatre mètres, et se croisent perpendiculairement.

Kerkouane possède un système hydraulique d’adduction des eaux et des canalisations pour drainer les eaux usées. A l’entrée des demeures se trouve, dessiné au sol, le symbole de la civilisation punique, à la gloire de la déesse Tanit. Chaque maison dispose d’une salle de bain-sabot et d’un évier ; les sols sont couverts de mosaïques.

Lorsque vous visitez le site, ne ratez pas la nécropole d'Arg El Ghazouani, située sur une colline rocheuse à moins d'un kilomètre de la ville, qui offre par ailleurs un témoignage inestimable sur l'architecture funéraire punique de cette époque.

Un musée, conçu sur le plan d’une maison punique, a été aménagé à l’entrée du site. Il renferme de belles pièces de céramique, des sculptures, des brûle-parfums et des bijoux.

 

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