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Publié par Erich ALAUZEN

L'ex président français et l'actuel président tunisien

L'ex président français et l'actuel président tunisien

Nicolas Sarkozy à Tunis : Daech Delenda Est  et... il faut sauver le pays Tunisie !

Tunis, le 20 juillet 2015 - Tout comme Caton l'Ancien, en son temps, répétait au début et à la fin de ses discours, Carthago delenda est ("Il faut détruire Carthage"), les accents du discours de Nicolas Sarkozy, cette après-midi dans un hôtel de la banlieue nord, devant une foule très nombreuse triée sur le volet et composée de nombreux Français résidents, appelaient de par leur ton volontaire et péremptoire la célèbre phrase appliquée cette fois à Daech.

Se plaignant en effet du manque de volonté et d'efficacité de la coalition pour se débarrasser du fléau Daech et rappelant à l'assemblée que le spectre jihadiste ne se trouvait qu'à une centaine de kilomètres des frontières de la Tunisie, le président du parti des Républicains prônait une plus grande fermeté à l'égard de Daech qu'il qualifiait d'êtres barbares et vils, ajoutant même que le type de guerre aérienne utilisée pour combattre le Daech ne semblait plus suffisante.

Le combat que mène la Tunisie « pour la civilisation contre la barbarie », Nicolas Sarkozy l'avait également évoqué devant le président tunisien, Béji Caid Essebsi, qu'il qualifiait de « grand président tunisien qui fait honneur à la Tunisie, à son histoire et à sa civilisation » et à qui il avait confié être « impressionné de la façon dont s'étaient déroulées les élections législatives de l'automne dernier ainsi que de l'élection présidentielle » propos repris dans son discours de fin d'après-midi.

Accompagné du secrétaire général-adjoint des Républicains, Eric Ciotti, du conseiller politique Alain Joyandet, du président du groupe Les Républicains à l'Assemblé nationale, Christian Jacob, du Délégué aux Affaires internationales, Pierre Lellouche, de l'ancien président du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée, Renaud Muselier, de la députée européenne Rachida Dati et du sénateur Christophe-André Frassa, l'ancien président français avait rencontré un peu plus tôt, dans la matinée, le Président Beji Caid Essebsi au Palais de Carthage.

Il s'était ensuite rendu au musée du Bardo pour y déposer une gerbe de fleurs en hommage aux victimes de l'attaque sanglante du 18 mars 2015 qui avait fait 22 victimes dont un policier tunisien.

Suivait un déjeuner de travail avec plusieurs membres du gouvernement tunisien dont Najem Gharsalli, ministre de l'Intérieur, Slim Chaker, ministre des Finances, Néji Jalloul, ministre de l'Education et de Said Aidi, Ministre de la Santé.

Pour revenir à son discours de fin d'après-midi, Nicolas Sarkozy complimentait la Tunisie sur sa gestion de sa révolution en déclarant : « Force est de reconnaitre que le seul printemps arabe réussi est le printemps tunisien. La Tunisie est une démocratie et c'est bien parce qu'elle est une démocratie qu'elle est aujourd'hui attaquée par tous ceux qui refusent la démocratie et au fond la civilisation »

Il rajoutait : « La Tunisie aujourd'hui a moins besoin de nos encouragements, discours et paroles que de faits concrets. Le combat pour la sécurité de la Tunisie, c'est le combat pour la sécurité de tous les pays libres dans le monde... C'est une urgence absolue que d'être au côté de nos amis tunisiens pour les aider dans le rétablissement d'un climat sécuritaire digne de la démocratie tunisienne ». L'ex-président français insistait aussi sur le rôle de rempart que la Tunisie jouait pour l'Europe, rempart qui devait être renforcé pour protéger l'Europe.

Mettant en valeur le peuple tunisien, mais aussi ses femmes, Nicolas Sarkozy rappelait que la Tunisie, tout au long de son histoire, "avait voulu l'autorité et le leadership. Aujourd'hui, la Tunisie profonde veut toujours l'autorité et le leadership, mais aussi la démocratie".

Abordant le développement économique de la Tunisie, l'ancien président de la république française invitait les pays européens « à aider au développement économique de la Tunisie. Les chiffres dont on parle sont incomparablement inférieurs à ceux qui ont été utilisés pour éviter le drame grec ». Nicolas Sarkozy illustrait son propos par un chiffre, avançant que 20% des montants alloués à la Grèce seraient suffisants pour soutenir avec succès la Tunisie dans sa croissance et sa lutte contre le chômage et que "le développement de la Tunisie est un élément essentiel si l'Europe veut pouvoir espérer maîtriser les flux migratoires."

Une convention devrait être signée entre le parti des Républicains et Nidaa Tounès pour renforcer leur collaboration et envisager l'avenir avec plus de sérénité... " Les actes de solidarité et de rapprochement sont entrepris lorsque des risques d'échecs et des périls existent " avait ajouté Nicolas Sarkozy.

Aucune précision n'a été donnée sur les tenants et les aboutissants de cette convention.

Même si la politique du présent gouvernement français était indirectement critiquée durant son discours, aucune attaque frontale sur François Hollande n'a été faite durant son discours. Malicieusement, l'ex-président préférait déclarer 'qu'il réservait ses discours politiques lorsqu'il se trouvait sur son territoire et qu'il ne voulait surtout gêner personne."

Le discours du président des Républicains avait été précédé par celui de Mohsen Marzouk, Secrétaire Général du parti Nidaa Tounès qui avait salué la visite de Nicolas Sarkozy comme celle d'un "cher ami", ancien président de la république et président des Républicains. Il déclarait que la Tunisie était en train de livrer une guerre sans merci, l'une des plus féroces de son histoire, une guerre "qui ne concerne pas uniquement la Tunisie, mais le monde entier même si elle n'était pas assumée comme telle par la communauté internationale".

Les deux hymnes, français et tunisien, étaient chantés pour terminer la réunion publique.

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