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Publié par Erich ALAUZEN

James Foley
James Foley

Le dernier souvenir avant sa captivité que nous aurons de James Foley est situé à Binnich, un petit village de la province syrienne d'Erbil, et remonte à novembre 2012... Il se trouvait dans un modeste café internet sans doute pour envoyer son dernier article... Quelques instants après, il se faisait enlever sur la route de Taftanaz, un bourg voisin théâtre du siège d'une base aérienne militaire par les rebelles syriens... Lors de son kidnapping, il était accompagné par son collègue britannique.

Il avait fallu attendre la libération des quatre otages français (Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès) pour avoir des nouvelles de James : on apprenait qu'il était détenu à Rakka, l'un des bastions les mieux défendus de l'EI en Syrie. Avec lui croupissaient une douzaine d'otages occidentaux.

Une mise en scène macabre pour la mise à mort de James Foley

Le 19 août dernier, tout habillé d'orange comme les prisonniers de Guantanamo, mains liées dans le dos et crâne rasé, James était d'abord égorgé puis décapité. Son bourreau tout en noir et sans doute britannique d'après les dernières informations (http://www.lesechos.fr/monde/europe/0203715456603-scotland-yard-lance-la-traque-du-bourreau-britannique-de-james-foley-1034864.php) lui laissait juste le temps de prononcer ses dernières paroles : "Je demande à mes amis, ma famille et ceux que j'aime de s'en prendre à mes vrais assassins, le gouvernement des Etats-Unis."

Quelques minutes auparavant, obligé sans doute par ses bourreaux à prononcer de telles paroles, James s'était adressé à son frère, membre de l'Armée américaine :

« J'en appelle à mon frère John, qui est membre de l'armée de l'air américaine : réfléchis à ce que tu fais, réfléchis aux vies que tu détruis, dont celles de ta propre famille ! Je te demande, John : réfléchis à ceux qui ont décidé de bombarder l'Irak récemment et de tuer ces gens, quels qu'ils soient ! Réfléchis John, qui tuent-ils vraiment ? Ont-ils pensé à moi, à toi ou à notre famille quand ils ont décidé cela ? Je suis mort, John, le jour où tes collègues ont largué leurs bombes sur ces gens, ils ont signé mon certificat de décès. »

Le bourreau vêtu de noir prenait alors la parole pour déclarer dans un anglais teinté d'accent britannique que "tout déni de la part d'Obama d'accepter un Etat Islamique dans lequel les Musulmans pourraient vivre en sécurité ne pourrait amener qu'un bain de sang, surtout lorsque cet Etat Islamique est accepté et voulu par un grand nombre de Musulmans".

Jouant du coutelas lorsqu'il s'exprimait, le bourreau se décidait alors à tuer le journaliste américain dans une scène des plus violentes. D'ailleurs, la vidéo a été retirée très vite d'internet.

A peine son crime commis, le bourreau saisissait le col de l'autre journaliste, Steven Sotloff, (pigiste travaillant parallèlement pour le Time, le World Affairs et le Christian Science Monitor) et s'adressait à Obama en déclarant que la vie de ce citoyen américain dépend de sa prochaine décision...

James Foley toujours au plus près des combats et des zones de conflits

Nicolas Hénin, autre otage français, croise le chemin de James Foley... Le journaliste français, libéré en avril 2014, le présente comme une personne digne et impassible malgré le fait qu'il ait été le "souffre-douleur" des jihadistes qui avaient appris que son frère travaillait dans l'Armée américaine... Malgré ce "traitement de faveur", Nicolas Hénin rajoute : "Il est mort comme je l'ai connu : dans une grande dignité".

"Il était un fils, un frère, un journaliste et une personne extraordinaire" déclare sa mère, Diane Foley en saluant la mémoire de son fils. Agé de 40 ans, James Foley s'était en fait intéressé sur le tard au journalisme... D'abord enseignant, il était entré au Global Post qui lui rend un vibrant hommage en compilant ses meilleurs reportages...

James Foley sur son compte Twitter, listait les pays où il s'était rendu et reconnaissait "qu'au cours de ses nombreux voyages, notamment en Irak, en Afghanistan, en Syrie et en Libye, il s'était posé beaucoup de questions, mais n'avait jamais trouvé beaucoup de réponses."

L'un de ses collègues à l'AFP (Agence France Presse) en parle avec émotion : " Ses vidéos mentionnaient toujours les noms des personnes interrogées, et même les noms des personnes mortes qu’il avait filmées après des bombardements. Pour lui, il n’y avait pas de victimes anonymes. Il n'avait pas son pareil pour se faufiler vers les lignes de front où il croisait souvent des civils fuyant dans l'autre sens. Il s'abritait parfois avec eux au milieu des bombardements."

Une rançon de 100 millions d'euros avait été demandée par les kidnappeurs qui avaient appelé les parents de James Foley. Les Etats-Unis ne payant jamais de rançon pour la libération de leurs otages, une riposte sans doute violente est à prévoir de leur part.

James Foley, sa biographie

James Foley est né à Rochester dans le New Hampshire le 18 octobre 1973. En 1996, il sort avec son diplôme de l'Université Catholique Marquette University et suit ensuite les cours du programme pour les poètes et écrivains de l'Université du Massachussets à Amherst... Il obtient également un diplôme de la Medell School of Journalism à l'Université Northwestern.

Sa carrière d'enseignant débute en Arizona, puis au Massachussets et à Chicago avant d'embrasser la carrière de reporter-photographe... Travaillant pour le Global Post, il est déjà détenu en otage en Libye près de Brega en 2011 par les forces de Kadhafi avant d'être relâché 44 jours plus tard.

Il est capturé en Syrie le 22 novembre 2012...

Il est assassiné par les forces jihadistes le 19 août 2014.

Il est le premier journaliste à avoir été exécuté par l'Etat Islamique.

Ses parents lui ont dédié la plus belle épitaphe...

Sources :

www.globalpost.com

www.afp.com

www.wikipedia.com

www.lemonde.fr

www.nytimes.com

http://lci.tf1.fr/monde

James Foley à Alep en Syrie

James Foley à Alep en Syrie

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